vendredi 30 mai 2008

...record...

...battu.

Depuis cette semaine c'est le Mexique le grand vainqueur: c'est en effet le pays dans lequel nous avons (la France est hors concours, of course) séjourné le plus longtemps. 5 ans! Certes en deux fois (3 ans plus 2 ans) mais comme c'est la même ville et le même quartier je pense qu'on peut tout à fait additionner les deux durées.
Pas mal pour un pays dont je ne parlais pas la langue (pas plus que Dock d'ailleurs mais lui ça n'a pas beaucoup changé ;-) ) et dans lequel je n'aurais jamais imaginé une seconde venir vivre.

Le précédent record de 5 ans était détenu par la Grande-Bretagne où nous avons vécu d'octobre 1993 à octobre 1998 dans 3 villes: Chester (1 an), St Albans (2 ans et demi) et Northampton (18 mois).

Souvent on me demande dans quel pays j'ai préféré vivre.
Pour moi c'est vraiment une question piège et je préfère quand on me demande si je me plais ici. Parce que là je peux donner une réponse claire: oui, je me plais au Mexique. Mais maintenant savoir si vraiment je préfère le Maroc au Mexique alors que notre situation à l'époque était si différente (pas de problème de langue, pas d'enfants, je bossais...) ou si l'Allemagne (non pardon la Bavière) c'est mieux que le Texas ou que l'Angleterre je ne peux pas répondre. Dans chaque pays (oui, même l'Angleterre et même le Texas...) il y a eu des choses que j'ai appréciées. Et d'autres que j'ai détestées, qui m'ont énervée ou horrifiée. Et en ce qui concerne l'Angleterre j'avoue que quand nous en sommes partis nous étions contents: marre des prix chers, marre de la pluie, marre d'une certaine mentalité, marre de la crise de la vache folle... Maintenant, 10 ans plus tard nous aurions presqu'envie d'y retourner...L' herbe est toujours plus verte ailleurs...(Ce qui dans cet exemple précis est particulièrement vrai ;-) )
Pour être honnête je n'ai pas franchement adoré l'Allemagne. Trop de problèmes avec cette langue de barbares et franchement la population locale dans le petit village de Bavière où nous résidions n'était pas des plus accueillantes. Mais bon, nous étions à moins de 8 heures de voitures de nos familles respectives et c'est probablement durant ces deux années-là que nous les avons le plus vues. J'ai eu aussi énormément de mal à m'adapter au Texas. Passer de « Heidi » à « Desperate housewife », d'un village où j'emmenais C. à pied à l'école et qui fleurait bon la bouse de vache à la suburb américaine dans toute sa splendeur, pratiquement du jour au lendemain, ce n'est pas si facile que ça...En comparaison l'arrivée au Mexique, même avec la barrière de la langue, a été moins perturbante. Mais finalement après 6 mois (oui, il m'a fallu 6 mois quand même...) je me suis faite au Texas et je m'y sentais plutôt bien. Surtout la deuxième fois, au retour du Mexique.

Souvent les gens me disent : "de toute facon vous n'avez pas le choix, il faut aller là où il y a du travail". C’est en partie vraie. Mais en partie seulement. Je pense quand même que Dock et moi (il le niera, prétendra qu’il ne rêve que de rentrer en France près de ses parents et de son frère et comme celui-ci n’en plus bouger) avons une mentalité de nomades. On ne bouge pas autant seulement par hasard, seulement pour avoir du boulot. Je ne dirais pas que nous avions décidé dès le départ de notre vie commune de voyager autant, non. Mais des occasions se sont présentées et nous avons tenté les expériences qui s'offraient à nous.

En ce qui me concerne je ne regrette rien, je suis certaine que cette vie me plait. J'ai plein de bons souvenirs, plein de souvenirs de galères aussi mais qui finalement avec le temps deviennent presque de bons souvenirs: la poubelle qui nous servait de moyen de locomotion au Maroc et qu'il fallait pousser chaque matin, l'arrivée en GB en 205 chargée jusqu'au toit, par une nuit pluvieuse (forcément!) dans un hotel pas terrible d'une banlieue sinistre de Liverpool (merci Mr Zeller), l'appartement sans chauffage ou presque à Chester, les problèmes d'inondations, de plomberie et de propriétaires au Mexique, la vente de la maison au Texas etc.

Mais il faut être réaliste: cette vie me plait mais nous savons d'avance que dès que je saurai quand et où nous repartons je vais râler comme une folle surtout si le "où" est la "City Which Must Not Be Named"...

13 commentaires:

  1. Non pas Paris. Pas strictement impossible, mais improbable.
    Je tiens a m'inscrire en faux, le plus complet, sur mes desirs d'etranger. Je n'allais en Angleterre que pour apprendre mieux la langue, 3 ans maxi. Apres tout est parti en couille, imprevisible, telle une coquille de noix sur le Rhone.

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m’est une province, et beaucoup davantage ? (...)
    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l’air marin la doulceur provencale.

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  2. Je savais bien que tu nierais en bloc....N'empêche que je persiste dans mon idée!

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  3. celui par qui tout a commence est decede il y a peu.Il etait tres fier d etre a l'origine de votre expatriation.Il etait sur son lit de mort avec son épée de l'X a cote.

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  4. C'est triste. Ca a du beaucoup attrister Beau-Papa.

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  5. Je pourrai faire un copié/collé de ton billet sur mon blog:)
    bises à dans 1mois

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  6. Je suis envieux. Je ne devrais pas, mais je le suis! J'ai l'âme nomade, mais le courage m'a manqué et me fait d'ailleurs toujours défaut; le courage et des qualités qui seraient susceptibles d'intéresser un pays étranger! C'est pourquoi, quand je rencontre - même virtuellement ;o) - des personnes qui ont acquis des connaissances leur permettant de travailler de par le monde, je les regarde avec des yeux d'enfant émerveillé. Voyager, s'imprégner de cultures différentes, capitaliser des souvenirs... Que de richesses! Forcément, un jour...

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  7. C'est peut-être pas un désir d'étranger que vous aviez mais seulement un désir d'aventures, de nouvelles expériences, de découvertes, de connaissances nouvelles, de nouveaux départs :) C'est marrant, moi j'ai pas mal bougé aussi pendant quelques années (pas autant que vous c'est sûr) et j'aimais ça, mais là, j'en peux
    plus, je suis casée pour au moins 5 ans, peut-être à vie! Ca m'épuise
    ces changements et ces nouveaux départs. Mais sait-on jamais, peut-être que dans 5 ans une occasion se présentera à moi... au Japon... et d'ici là j'en aurai marre de mon nouveau pays... mais aujourd'hui, franchement, j'espère que ça n'arrivera pas!

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  8. @ brigitteguyane: je te souhaite de bonnes vacances de nomades ;-)

    @ Homosapiens: je ne sais pas si c'est vraiment une question de courage.Je n'ai pas du tout l'impression d'être quelqu'un de courageux. C'est plutôt une question d'occasions. Et je voudrais bien préciser que si nous avons (je pense ;-) ) une mentalité de nomades nous ne sommes absolument pas des "aventuriers", de ceux qui plaquent tout et recommencent ailleurs. Nous avons toujours bougé dans le cadre du travail avec une certaine "assistance technique", plus ou moins au point mais toujours présente. Moi je suis envieuse des aventuriers (comme Sophie par exemple ou d'autres) mais je sais que nous n'en serions pas capable: trop de stress!

    @ DrCaso: un désir d'ailleurs ou peut-être aussi une insatisfaction permanente (ça je le pense les jours de déprime...).
    J'ai tendance à penser que 5 ans était ma limite maximum dans un pays mais je n'ai pas encore marre du Mexique (peut-être à cause de la coupure d'1 an au Texas). C'est vrai que ces changements sont épuisant mais en même temps je crois que les souvenirs les plus marquants (pas forcément les meilleurs, loin de là) que j'ai de chaque pays sont les souvenirs du premier jour (ou de la nuit parce que je me rends compte que je suis souvent arrivée de nuit!) dans un nouveau pays. La première impression, qui est en général, totalement fausse et déformée par les a prioris, la fatigue le stress etc est un moment "fort'.

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  9. Je crois que les gens pensent "courage", parce que le simple fait de tout quitter et de repartir à neuf dans une nouvelle contrée tiens de l'insécurité pure et simple pour eux.

    Moi je trouve votre parcours super intéressant. En jeune couple c'est déjà extraordinaire. Avec des petits kids, alors là: j'admire!

    Bonne continuation ;)

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  10. Merci ;-)

    J'ai tendance à penser que le "nomadisme" augmente dans tous les sens. Bien ou mal je ne sais pas mais il y a de plus en plus de personnes qui bougent.

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  11. Bravo, je suis impressionnée.
    Moi qui ai besoin d'aventure, de bouger et découvrir en profondeur un autre pays, tu as de l'expérience à revendre, bravo.

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  12. Si tu en as la possibilité tente l'expérience: il ne faut pas se leurrer ce n'est pas toujours facile ni tout rose mais je pense que ça vaut le coup. Et pour les enfants (j'espère que) ce sont des souvenirs impérissables.

    Maintenant il y a plein de façons de "partir": en expatriation pour une durée limitée et généralement connue à l'avance ou carrément à l'aventure. La première est nettement plus facile, les problèmes logistiques sont en grande partie gérées par la boite. Et puis si ça ne marche pas (ça arrive, malheureusement, pour plein de raisons) on retombe plus facilement sur ses pieds.

    Presque deux ans après ce billet je ne regrette toujours rien ;-)

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